GUINÉE — INSÉCURITÉ GRANDISSANTE : JUSQU’À QUAND LES GUINÉENS VIVRONT-ILS DANS LA PEUR ? LE MEURTRE DE BOUBACAR BARRY À LAMBANYI RELANCE LE DÉBAT
L’insécurité en Guinée continue de susciter de profondes inquiétudes au sein de la population. Entre attaques à main armée, cambriolages nocturnes, agressions et meurtres, de nombreux citoyens s’interrogent sur leur sécurité et celle de leurs familles. Le dernier drame signalé dans le quartier de Lambanyi, à Conakry, vient une nouvelle fois raviver ces préoccupations. Boubacar Barry, commerçant de 39 ans et père de trois enfants, a perdu la vie dans des circonstances troublantes après une attaque présumée contre son domicile, dans la nuit du 29 au 30 octobre 2026. Selon les témoignages de ses proches, plusieurs individus armés, dont certains auraient porté des uniformes de police, auraient fait irruption dans la concession familiale. Une affaire qui soulève une question fondamentale : les Guinéens sont-ils encore suffisamment protégés, même à l’intérieur de leurs propres maisons ?
Selon les déclarations de la famille, les événements se seraient déroulés aux environs de 2 heures du matin. Alertée par un appel téléphonique de sa jeune sœur à 2 h 26, une sœur de la victime affirme s’être rendue dans le quartier avant de se réfugier chez des voisins. De cet endroit, elle aurait aperçu des individus armés fouillant et saccageant la maison familiale. Elle affirme également avoir entendu plusieurs coups de feu et des menaces contre toute personne qui tenterait de s’approcher. Quelques heures plus tard, la famille apprenait la mort de Boubacar Barry. Les circonstances précises de son décès restent à établir par les autorités compétentes.
L’un des aspects les plus inquiétants de cette affaire concerne la présence présumée d’hommes portant des uniformes de police. Si les témoignages de la famille sont confirmés, les enquêteurs devront déterminer s’il s’agissait de véritables agents des forces de sécurité ou de criminels utilisant des tenues officielles pour intimider leurs victimes. Dans les deux cas, les conséquences sur la confiance de la population envers les institutions chargées de sa protection pourraient être importantes. L’uniforme, symbole de protection et d’autorité, ne doit jamais devenir un instrument de terreur pour les citoyens. Il appartient désormais à la justice d’établir les faits, d’identifier les responsables et de faire toute la lumière sur cette affaire, sans accusation prématurée.
Cette tragédie pose également la question de l’efficacité des dispositifs de sécurité dans les quartiers de Conakry et dans les autres villes du pays. Les patrouilles nocturnes sont-elles suffisamment présentes ? Les forces de sécurité disposent-elles des moyens nécessaires pour intervenir rapidement lorsqu’une famille appelle au secours ? Comment les armes circulent-elles entre les mains d’individus capables de mener des attaques contre des domiciles ? Ces interrogations méritent des réponses concrètes.
Pour les Guinéens vivant à l’étranger, ces événements représentent également une source d’inquiétude. Nombreux sont ceux qui soutiennent financièrement leurs familles restées au pays, construisent des maisons, investissent dans le commerce ou envisagent de rentrer définitivement en Guinée. Mais comment encourager les investissements de la diaspora lorsque la sécurité des personnes et des biens suscite autant d’interrogations ? Un pays qui ambitionne de se développer économiquement doit aussi être capable de garantir un environnement dans lequel ses citoyens, ses entrepreneurs et ses investisseurs peuvent vivre et travailler sans craindre pour leur sécurité. Derrière ce drame se trouvent trois enfants qui grandiront sans leur père, une famille endeuillée et des proches qui attendent des réponses. Les autorités judiciaires et sécuritaires guinéennes sont appelées à faire preuve de transparence dans les investigations et à communiquer sur leurs conclusions. La famille mérite de connaître la vérité, et toute personne dont la responsabilité serait établie doit répondre de ses actes devant la justice. La présomption d’innocence doit être respectée tout au long de la procédure.

La protection de la vie humaine constitue l’une des premières responsabilités de l’État. Chaque citoyen, qu’il soit commerçant, chauffeur, étudiant, fonctionnaire ou simple père de famille, doit pouvoir rentrer chez lui et dormir en sécurité. Le drame de Lambanyi rappelle l’urgence de renforcer la prévention de la criminalité, de lutter contre l’impunité et de restaurer durablement la confiance entre les populations et les institutions de sécurité.
Jusqu’à quand les Guinéens devront-ils craindre d’être attaqués jusque dans leurs propres domiciles ? Et quelles mesures concrètes les autorités doivent-elles prendre pour mettre fin à l’insécurité et protéger efficacement les populations ?

