Le président guinéen Mamadi Doumbouya a procédé, lundi 26 octobre 2026, à un réaménagement partiel du gouvernement dirigé par le Premier ministre Bah Oury. Deux nominations ont été officialisées par des décrets lus à la télévision nationale : Fana Soumah retrouve le ministère de la Communication, tandis que Ramatoulaye Camara prend les commandes du ministère de l’Emploi, du Travail et de la Protection sociale. Des décisions qui interviennent après plusieurs semaines d’intérim à la tête de ces deux départements stratégiques.
Ce remaniement partiel intervient dans un contexte où plusieurs secteurs de l’administration guinéenne font face à d’importantes attentes. Depuis le limogeage de Mourana Soumah et de Mory Condé en août dernier, les deux ministères concernés fonctionnaient sous une direction intérimaire. Avec ces nouvelles nominations, le chef de l’État met fin à cette période de transition administrative et confie officiellement la gestion de ces portefeuilles à deux personnalités déjà familières du fonctionnement de l’appareil gouvernemental.
Fana Soumah signe ainsi son retour au gouvernement, en prenant la tête du ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation. Ancien directeur général de la Radio Télévision Guinéenne (RTG) et ancien ministre de l’Information et de la Communication, il occupait récemment les fonctions de conseiller à la présidence de la République. Il succède à Mourana Soumah. Son retour soulève désormais plusieurs interrogations sur les orientations qu’il entend donner à ce département, notamment en matière de liberté de la presse, de communication publique, de transformation numérique et de développement des nouvelles technologies.
De son côté, Ramatoulaye Camara bénéficie d’une promotion au sein de l’administration publique. Jusqu’ici secrétaire générale du ministère de l’Emploi, du Travail et de la Protection sociale, elle accède désormais au poste de ministre, en remplacement de Mory Condé. Sa connaissance des dossiers du département pourrait faciliter la continuité administrative. Cependant, sa nomination intervient dans un contexte où les questions de chômage des jeunes, de formation professionnelle, de conditions de travail et de protection sociale constituent des préoccupations majeures pour la population guinéenne. Sa capacité à traduire les politiques publiques en résultats concrets sera particulièrement observée.
Au-delà des changements de personnes, ce remaniement pose la question de l’efficacité de l’action gouvernementale. Le retour d’un ancien ministre et la promotion d’une haute responsable administrative témoignent d’un choix de personnalités disposant déjà d’une expérience dans leurs domaines respectifs. Mais ces nominations permettront-elles de donner une nouvelle dynamique aux ministères concernés ?
En définitive, ces deux nominations marquent une nouvelle étape dans la composition du gouvernement Bah Oury. Si elles mettent fin à plusieurs semaines d’incertitude administrative, elles ouvrent également une période d’attentes et d’observation. Car au-delà des décrets présidentiels et des changements à la tête des institutions, c’est surtout sur les résultats que les nouveaux ministres seront attendus.