27 octobre 2026

FEGUIFOOT : Mamady Doumbouya élu président, pourra-t-il mettre fin à la corruption et redonner au football guinéen sa grandeur ?

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Une nouvelle page s’ouvre pour le football guinéen.
Ce mardi 27 octobre 2026, Mamady Doumbouya a été élu à la tête de la Fédération guinéenne de football (FEGUIFOOT), à l’issue d’une assemblée générale extraordinaire et élective organisée à Conakry. Il prend les commandes de cette institution pour un mandat de quatre ans, dans un contexte marqué par des crises internes, des difficultés de gouvernance et de grandes attentes de la part des amoureux du football guinéen.

Avec 21 voix obtenues lors du scrutin, contre 18 pour Mamadou Antonio Souaré et 13 pour Ibrahima Kalil Kaba, Mamady Doumbouya hérite d’une Fédération confrontée à de nombreux défis. Son élection marque le début d’une nouvelle étape, mais les attentes sont immenses. Depuis plusieurs années, le football guinéen traverse des périodes d’instabilité institutionnelle, de conflits entre dirigeants et de difficultés organisationnelles qui freinent son développement. Pour de nombreux observateurs, le changement attendu ne doit pas se limiter aux personnes, mais concerner également les méthodes de gestion et le fonctionnement de l’institution.

La lutte contre la corruption, le favoritisme et la mauvaise gouvernance constitue l’un des enjeux majeurs de cette nouvelle présidence. La transparence dans la gestion des ressources financières, notamment des financements provenant de la FIFA et de la CAF, devra occuper une place importante. Les supporters attendent une Fédération capable de rendre compte de ses décisions, de garantir l’égalité des chances et de privilégier les compétences plutôt que les intérêts personnels. La restauration de la confiance entre les dirigeants, les clubs, les joueurs et les partenaires du football guinéen sera indispensable pour assurer une véritable stabilité.

Sur le plan sportif, les défis sont tout aussi considérables. La Guinée possède un immense potentiel footballistique, avec de nombreux talents évoluant aussi bien dans le championnat national qu’à l’étranger. Pourtant, malgré cette richesse humaine et la passion de sa population pour le ballon rond, le pays peine encore à s’installer durablement parmi les grandes puissances du football africain. Le Syli national connaît des périodes d’espoir et de déception, tandis que le championnat local continue de faire face à des difficultés structurelles. La nouvelle équipe dirigeante devra donc élaborer une stratégie ambitieuse, capable d’améliorer les performances des sélections nationales tout en renforçant les bases du football local.

Le développement des infrastructures sportives, la formation des jeunes, la professionnalisation des clubs et la promotion du football féminin devront également figurer parmi les priorités. Dans plusieurs régions du pays, de jeunes talents continuent de pratiquer le football dans des conditions difficiles, sans bénéficier d’un encadrement suffisant ni d’installations adaptées. La mise en place de véritables centres de formation et d’un système efficace de détection des talents pourrait permettre à la Guinée de préparer une nouvelle génération de joueurs capables de rivaliser avec les meilleurs du continent.

La diaspora guinéenne représente également une richesse importante pour l’avenir du football national. En Europe et dans d’autres régions du monde, de nombreux Guinéens disposent de compétences dans les domaines de l’entraînement, du management sportif et de la formation. Une collaboration structurée avec ces professionnels pourrait contribuer à moderniser l’organisation du football guinéen et à faciliter le développement de nouveaux talents.

Avec son programme « Rénovons le Foot 224 », Mamady Doumbouya affiche l’ambition d’engager des réformes pour la période 2026-2030. Toutefois, les promesses de campagne devront désormais se traduire par des actions concrètes. Les quatre prochaines années permettront de juger les progrès réalisés en matière de transparence, de formation, d’organisation des compétitions et de performances sportives.

Le football guinéen n’a pas seulement besoin d’un nouveau président, mais d’une véritable transformation de son système de gouvernance et de développement. Les talents existent, la passion est immense et les ambitions sont légitimes. Reste à transformer ce potentiel en résultats durables.

Mamady Doumbouya aura-t-il le courage et les moyens de lutter efficacement contre la corruption, le favoritisme et les mauvaises pratiques qui fragilisent le football guinéen ? Pourra-t-il mettre en place une véritable politique de formation et de développement permettant au Syli national et aux clubs guinéens de rivaliser avec les grandes puissances africaines ? Dans quatre ans, les Guinéens auront-ils assisté à une véritable révolution du football national ou simplement à un nouveau changement de dirigeants sans résultats significatifs ?

L’avenir du football guinéen dépendra désormais moins des promesses que des décisions prises et des résultats obtenus sur le terrain.

 

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